Considérations Physiques et Ethnogéographiques
sur le monde de Lorndor (par Blattli)


Bienvenue à toi, ami lecteur, qui tiens entre tes mains le fruit de mes voyages. Fort de mon expérience de marchant ambulant j'y décris le continent de Lorndor en espérant que mon expérience puisse secourir le jeune arpenteur du monde ou divertir le vétéran.

La Légende raconte que Malgr, Dieu de l'Obscurité créa Lorndor afin que les huit races originelles s'y affrontent jusqu'à la fin des temps. Quoiqu'il en soit, il est presque certain qu'un Dessein ait été la cause de sa création, sa forme purement fonctionnelle ne laissant guère de place à l'œuvre de la Nature. En cinq mots comme en cent, c'est un simple rectangle. S'y repérer est donc relativement aisé (excepté pour quelques tribus gnolles qui persistent à employer un système à 99 points cardinaux pour d'obscures raisons... ) et ses limites sont clairement définies, nul récit de Héros ayant réussi l'exploit de les franchir n'est venu jusqu'à nous... Peut-être ce continent est-il effectivement voué à une guerre éternelle...

Du septentrion au midi coule le Fleuve, à nul autre pareil. Tout d'abord parce qu'il est le seul cours d'eau de Lorndor, d'où son nom. Ensuite parce qu'il coule en ligne droite, strictement. Certains ont cherché à déceler le plus infime changement de direction, voire à modifier son cours pour en tirer un quelconque avantage : toutes leurs tentatives ont lamentablement échoué. Il scinde aussi le continent en deux parties égales, comme si une main divine avait trouvé là une élégante frontière. Enfin, le fait le plus surprenant concernant le Fleuve est qu'il coule. En quoi est-ce surprenant me demanderiez-vous? Eh bien tout tend à prouver que le trajet du Fleuve est parfaitement plat et pourtant il coule. Rapidement. Et n'est-ce pas pour le moins perturbant que de l'eau qui semble arriver de nulle part reparte vers le néant? Heureusement ce que ce monde compte de chercheurs a rapidement compris qu'une puissante magie était à l'œuvre et, plus important encore, la laisse oeuvrer en paix.

Le voyageur qui s'aventurerait à descendre le Fleuve commencerait par traverser ce qu'il est convenu d'appeler la zone neutre. De fait, le nom de Terres Disputées lui conviendrait mieux. Elle couvre une majeure partie du continent et il y règne un chaos à peu près total et à peu près permanent. Ici plus qu'ailleurs, la magie qu'abrite Lorndor est puissante, c'est la raison pour laquelle les marchands de magie s'y sont installés et l'origine des élémentaires qui pullulent en ces lieux. Il est possible que cette même magie soit à l'origine de la dénaturation des espèces animales des alentours, toujours est-il que les trophées potentiels sont légion, attirant chasseurs de tous acabits. Les conflits entre races et clans aidant, il n'est pas rare que le chasseur devienne subitement proie et le voyageur avisé aura emporté avec lui un de mes excellents articles (Portail de ville, Potion etc...).

Le Fleuve termine sa course dans la zone dite des clans qui recouvre une large surface de Lorndor, joignant le levant et le ponant. Comme son nom l'indique, cette zone est le lieu où les clans décidèrent de s'installer lors de leur arrivée; ces puissantes organisations de guerriers, bien que suivant des idéaux très variés et bien souvent, hélas, conflictuels, eurent tôt fait de repousser les monstres hors de leurs emplacements grâce à ce qui sera sans doute la seule Grande Alliance jamais réalisée. C'eût pu être la création d'un havre de paix, la nature des races eût-elle été différente. Les guerres ne tardèrent pas à éclater à diverses échelles et si une certaine organisation semble émerger par périodes, le voyage n'y est aujourd'hui guère plus aisé que dans la zone neutre.

Qu'en est-il des huit races des puissants? Elles ne se sont pas dispersées, et chacune occupe un emplacement que ses ancêtres ont arraché à la zone neutre. Tandis que les races de l'Alliance se regroupèrent au levant, les races de la Horde choisirent le ponant. Un des avantages du métier de marchand est d'être bien accueilli chez les uns comme chez les autres, tous ont besoin d'armes et l'honneur se prête parfois à d'étranges complaisances chez quelques-uns en ce qui concerne leur provenance.

Pour la Horde le septentrion est tenu par les ombrageux Taurens. Chez ces puissants êtres l'honneur et le respect de la Terre Nourricière priment. Leurs terres sont dures, mais de cette dureté grandiose qui élève l'âme de celui qui sait la contempler. Leurs voisins immédiats sont les Orcs et s'ils leur ressemblent beaucoup, ces derniers semblent en quelque sorte plus jeunes. Chez eux, l'art de la guerre est recherché plus ardemment et leurs plus grands accomplissements sont souvent leurs édifices militaires, reflets de leur puissance. Les Trolls sont quant à eux plus difficiles à cerner, tantôt espiègles, tantôt colériques, tantôt sages. Leurs tribus reposent sur un système chamanique, ils se complaisent dans la recherche magique, étant néanmoins d'excellents chasseurs. La décoration qui dérange un peu légèrement à l'écart est celle des Morts-Vivants, race la plus eucuménique du monde -la Mort ne refuse personne- ses motivations ne sont pas toujours évidentes, mais peu importe, avec de la patience chacun finira par savoir.

Les terres méridionales de l'Alliance sont celles des Elfes. Vastes ensembles de forêts s'étendant à perte de vue, elles sont un hymne permanent à la nature, rares sont ceux qui peuvent rester de marbre à leur vue, et même les ennemis jurés des elfes en viennent à respecter cela en eux. En contraste avec ce soucis de préservation, les Humains ont construit villes et royaumes aux lisières des bois. Race fière et entreprenante, les Humains ont le goût du savoir et du pouvoir, ces aspirations les ont conduits à leurs plus grands succès comme à leurs plus grandes peines. Au-delà, surplombant les villes humaines, les montagnes naines rapportent les échos de ce peuple travailleur. Là-bas, au cœur de la terre, ils ont forgé armes et merveilles de la nature; jaloux des unes comme des autres. Enfin, dans l'ombre de ces mêmes montagnes, leurs cousins Gnomes se consacrent aux plaisirs de l'ingénierie, science qui aux yeux du profane semble requérir toujours trop de poudre ou autre produit détonnant. Ils ont eux aussi prouvé, à l'instar des autres races, qu'ils pouvaient prendre part à cette spirale de guerre dans un monde qui aurait pu être tout autre.

Reposer le livre sur la bonne étagère...