Le jour se levait sur le paisible village d'Am'Rea, simple village Tauren essentiellement composé de fermiers, d'artisans et de chasseurs. C'est en ce lieu que grandit Guerfaal, jeune Tauren plein de malice qui passait ses journées à cultiver les champs, à pêcher et qui parfois partait chasser avec son père, Anta. Bref, la vie y était agréable, tout le monde travaillait la journée et ils se retrouvait tous les soirs à la taverne pour boire et rire.
Un jour, alors qu'il tirait son brabant pour labourer ses terres, Anta se foula la cheville en glissant sur une pierre. La réserve de viande étant au plus bas, Guerfaal décida de partir seul à la chasse pour ramener une biche ou un cerf. Après avoir reçu l'accord de son père, qui jugea qu'il était maintenant assez expérimenté pour s'aventurer seul, Guerfaal prit sa besace et son arc et partit en direction du bois voisin… Sur le chemin il rencontra trois taurens à l'allure lugubre. Il n'y prêta que peu d'attention et continua son chemin. Dans le bois, il aperçut au bout de vingt minutes un lapin : il banda son arc, visa et… le rata de 5 cm. L'animal, ayant vu la flèche se planter juste à coté, se mit à courir et Guerfaal perdit sa trace dans les fougères.
Cela faisait maintenant quatre heures que notre tauren cherchait une proie. Le vent avait tourné et Guerfaal s'était déplacé pour éviter que sa future proie ne le repère. Il tomba finalement sur un troupeau de cervidés à l'orée d'une clairière. Il choisit de tuer une vieille biche pour ne pas tuer un cervidé reproducteur. Cette fois-ci, sa flèche atteint sa cible directement dans l'œil pour que la mort soit rapide. Il chargea l'animal sur ses épaules robustes et se mit en marche sur le chemin du retour.
Après une heure de marche, il aperçut au loin une étrange fumée noire au niveau d'Am'Réa, se disant qu'il devait sûrement y avoir un repas organisé pour tout le village, comme ils ont coutume de faire plusieurs fois par mois. Mais plus il se rapprochait et plus la fumée était opaque et importante. Commençant à s'inquiéter, Guerfaal accéléra sa foulée. Lorsque le vent commença à lui porter une odeur de viande brûlée et pourrie, il laissa la biche choir sur le chemin de terre et se mit à courir aussi vite qu'il le pouvait. Ce qu'il vit lui glaça le sang. Tout le village brûlait, des flammes de 15 m de haut embrasaient les toits de chaumes ! Et au milieu de la place du village se tenaient tous les habitants du village, tous morts calcinés, enfants comme anciens, tous morts…
Après avoir assimilé cette vision d'horreur, Guerfaal parcourut le charnier dans l'espoir de trouver des survivants, mais pas un n'avait survécu. Il courut ensuite vers les restes de sa maison mais il n'y trouva que des cendres et les corps carbonisés de sa défunte famille. C'est alors qu'il entendit un râle venant de la maison voisine. Assis le long d'un pan de mur non écroulé se tenait un tauren à moitié brûlé, le souffle court. C'était Krag, l'ami chasseur de son père. Guerfaal se précipita à sa rescousse, lui donna à boire et commença à bander ses blessures. Krag lui expliqua que trois taurens étaient venus pour faire une proposition à tout le village, et quand tous les villageois furent regroupés, ils les embrasèrent en usant de leur magie. Krag, étant au milieu du groupe, fut partiellement protégé par le corps de ses amis. Il fit le mort pendant que les assassins pillaient les cadavres et les maisons. Puis ils brûlèrent les maisons et s'en allèrent…
Par la suite, Krag réussit à ramper jusqu'au mur où il attendit que la mort l'emporte à son tour. Mais à présent Guerfaal était là et son moral remonta en flèche. Krag mis deux mois avant de pouvoir se tenir à nouveau debout avec une canne comme appui. Pendant ce mois, Guerfaal était devenu quasiment muet, il avait enterré chaque habitant d'Am'Réa. Il avait construit une grande cabane pour lui et Krag. Ne pouvant récupérer le bois carbonisé des autres maisons, il avait lui-même construit chaque poutre et chaque planche à partir d'arbres abattus dans la forêt voisine. Chaque nuit, il était tourmenté par les visions d'horreur qu'il avait vu. Il n'avait de cesse de chercher ce qu'il devait faire maintenant…
Trois mois avaient passé, les relents de mort avaient disparu. Ce matin-là, Guerfaal sut ce qu'il voulait devenir. Il alla voir Krag, qui était parti se promener pour rééduquer les muscles de ses jambes meurtries. Guerfaal lui expliqua que s'il allait retrouver dès maintenant les assassins pour se venger, il n'aurait aucune chance. Il décida donc que la seule manière de les vaincre était de devenir un puissant mage. Il avait maintes fois entendu qu'il y avait un ermite qui vivait dans " la Forêt Maléfique ". Anta avait formellement interdit à son fils de s'y aventurer car beaucoup de monstres résidaient en ce lieu. La rumeur disait que, dans sa jeunesse, cet ermite avait été un magicien craint de ses ennemis. Notre héros avait finalement pris la décision de quitter Krag et sa cabane, vu que celui-ci pouvait à nouveau se déplacer, et de partir à la recherche de l'ermite pour qu'il lui enseigne les secrets des arcanes. Le lendemain, il prit la route de la forêt, qu'il atteint après cinq heures de marche. Il regarda derrière une minute, se remémora son ancienne vie et se dit qu'a présent rien ne sera comme avant… Il pénétra dans la forêt.

La forêt était d'une noirceur inquiétante. Guerfaal avait l'impression d'être épié par des centaines de regards. A pas prudents, mais inexorablement, Guerfaal progressa parmi la dense végétation. Soudain un hurlement déchira l'air et fit taire tous les bruits parasites de la forêt, mis à part l'entrechoquement des branches. Un cerbère venait de découvrir la piste de Guerfaal et se mit à le traquer. Comprenant bien ce qui se passait, Notre héros se mit à courir vers le lointain bruit d'eau qu'il percevait, espérant y trouver une rivière pour masquer sa piste. Mais arrivé à la source du bruit, il ne trouva qu'une falaise et une chute d'eau de 50 m. Le combat étant inévitable et, comble de malchance, son arc s'était brisé durant sa course… Alors notre héros rassembla tout son courage pour faire front à son adversaire qui se profilait à l'horizon. Arrivé à une trentaine de mètres, le cerbère s'arrêta, examina sa proie… et fondit sur notre héros ! Guerfaal resta concentré et prêt à encaisser la charge. Dans un geste d'une puissance et d'une précision digne d'un tauren expérimenté, Guerfaal attrapa l'animal par ses deux gorges extérieures et empala la tête du milieu avec sa corne gauche. Mais l'animal était puissant et il fit reculer Guerfaal à un mètre de la vertigineuse falaise. Commençant à fléchir sous les assauts répétés de la bête, Guerfaal commença à voir sa fin proche. C'est alors qu'il remarqua une racine traînant sur le sol. En cherchant dans ses dernière ressources, notre héros enroula sa patte dans la vieille racine et se laissa tomber dans le vide. La racine résista au poids du Tauren, et il n'eut plus qu'a regarder le cerbère s'écraser sur les rochers en contrebas de la falaise.
Après avoir remonté la racine, il s'étala sur le sol, extenué. C'est alors qu'un applaudissement se fit entendre. C'était un vieux Tauren assis sur un rocher qui fixait notre héros avec un grand sourire.
Vieux Tauren : C'était vraiment intéressant… Et quelle ingéniosité pour un tauren aussi jeune et peu expérimenté !
Guerfaal : Qui êtes-vous ?
VT : Cela a peu d'importance… Que fais-tu seul dans cette forêt hostile ?
G : J'aime bien jeter des bêtes depuis cette falaise !!! Non, sérieusement, je suis à la recherche du sage de la forêt.
VT : Et que lui veux-tu ?
G : Qu'il me prenne comme disciple, ma famille et tout mon village ont été brûlés vifs par trois pillards. Je souhaite apprendre à me servir de la magie et l'utiliser pour réclamer justice.
VT : La vengeance n'a jamais ramené les morts mais peut apaiser les douleurs. Il est vrai que tu possèdes un certain potentiel et un sacré sang froid.
Le vieux tauren réfléchit à la raison qui l'avait conduit à s'isoler, et peut-être que ce fougueux tauren pourrait l'aider à expier ses fautes… ou en créer de nouvelles.
VT : Soit, j'accepte de t'enseigner le pouvoir des arcanes. Mais le chemin de l'érudit est long et difficile, que décides-tu ?
G : Etes-vous le sage de la forêt ?
VT : Combien crois-tu qu'il y ait de vieux taurens magiciens et ermites reclus dans cette forêt ?!
G : Euuuh ? Désolé, j'accepte de devenir votre élève et de mettre toute ma volonté dans votre enseignement.
Sur ces mots, le futur proche de Guerfaal était scellé. Il avait trouvé le sage et allait enfin pouvoir apprendre à se servir de la magie pour venger les siens.
Les années s'enchaînèrent et les entraînements s'intensifièrent. Progressivement, Guerfaal communiait avec la nature, les oiseaux venaient se poser sur ses épaules, et les monstres commencèrent à le craindre. Au bout de cinq ans passés ainsi, Guerfaal était devenu une paisible puissance capable de dresser un cerbère d'un simple regard.
Le jour se leva sur l'humble cabane qui abritait notre héros. Doucement, le paisible tauren se leva et alla préparer le repas pour son maître… Mais à peine avait-il mis une patte dehors qu'il comprit que quelque chose s'était passée : la nature lui en montrait les signes ! Il courut a la cabane du vieux sage situé à deux kilomètres de la sienne, car il aimait vraiment vivre seul en fin de compte. A peine Guerfaal avait-il passé la porte d'entrée que ce qu'il vit le marqua à jamais. Le vieux tauren gisait sur sa paillasse avec une flèche dans chaque oeil et une autre en plein cœur. Le cri de colère que laissa échapper Guerfaal lança une vague d'effroi à toutes les créatures vivant aux alentours. Ses yeux s'étaient injectés de sang. C'est alors qu'un rire gras se fit entendre derrière lui. Là, à une dizaine de mètres, se tenait un tauren massif, à l'air malfaisant, entouré de deux autres taurens crapuleux.
Truand : Ainsi mon ancien maître s'est trouvé un nouvel élève. Ce vieux a à certainement voulu expier sa faute d'avoir entraîné un élève aussi vil que moi en te prenant sous son aile.
G : Pourquoi l'avoir tué ? C'était un tauren au cœur pur.
T : Tout simplement pour lui prouver que le disciple avait dépassé le maître (rire gras). De toute faço,n maintenant ce n'est plus qu'un mort de plus à mon compteur. Vu que j'ai déjà pillé et rasé la plupart des villages du coin, je ne suis plus à un mort près.
A ces mots Guerfaal sut que les trois truands qui se tenaient devant lui étaient ceux qui avaient décimé son village et sa famille. Et que c'étaient bien les trois taurens à l'air lugubre qu'il avait croisés en partant à la chasse. S'il avait su cela plus tôt, il aurait peut être… Non, il se serait seulement fait tuer. Sa rage était telle qu'une aura vert sombre l'entourait à présent.
G : Tu affirmes être devenu plus fort que feu notre maître, mais à voir le sourire tranquille qui est figé à jamais sur son visage, je comprends que tu l'as assassiné durant son sommeil. Moi j'appelle ça de la lâcheté !
T : Le plus fort est toujours celui qui est vivant à la fin. Trêve de bavardage, je vais te mettre en charpies maintenant. As-tu un dernier mot à prononcer avant de mourir ?
G : Plutôt deux.
T : Soit, je t'écoute…
G : Rex attaque !!!

Un énorme cerbère surgit alors des broussailles derrière les trois pillards. Deux des mâchoires du monstre ne firent qu'une bouchée de la tête des deux acolytes. Mais le chef pillard esquiva la troisième mâchoire et lança un inferno d'une rare violence sur la bête, ce qui la laissa inconsciente et à moitié carbonisée… Il dit : "Joli tour, voyons ce que tu sais faire sans ton sac à puce maintenant."
Le chef pillard lança un inferno de même puissance que celui qui avait terrassé le cerbère d'un seul coup en direction de Guerfaal. En une fraction de seconde, un mur de roches et de terre s'érigea et stoppa net le ballet de flammes mortelles. Le truand resta sans voie devant le mur de protection. Les arbres se mirent à grincer et leurs racines saisirent le vil magicien par les chevilles, puis jusqu'à la taille, et enfin le paralysèrent totalement. Guerfaal se rapprocha de son assaillant et fixa de ses yeux injectés le regard terrorisé de l'assassin. Puis se retourna et dit : "Que par la nature tu sois jugé et que ton calvaire soit exécuté pour les crimes que tu as commis !".
C'est alors que le sol se mit à grouiller et des milliards d'insectes de toutes sortes se dirigèrent vers le mage de feu, le pénétrant par tous les orifices de son corps et ils le dévorèrent de l'intérieur.
Après avoir soigné Rex et offert un sépulture descente à son maître, Guerfaal jura sur la tombe du sage d’utiliser ses pouvoirs pour pourchasser l’infamie en ce monde et prit la route vers les terres du Lorndor.